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Le billet du professeur KOLESSNIKOW

N°17/18 : Mai/juin 2022.  La guerre d’Ukraine a révélé le caractère orwellien du monde actuel

L’émotion sincère qui anime l’opinion en Occident à la vue du malheur des pauvres Ukrainiens fuyant les zones de guerre est réconfortante car cette même opinion publique était restée de marbre devant les bombardements de la Serbie par l’OTAN, de l’Irak par les USA, de l’Arménie par les Azéris, etc ! Vraiment de marbre ? Non bien sûr, les médias sont passés par là. Ce qui n’est pas vu à la TV n’existe pas… C’est le monde d’Orwell : nous voilà à présent des moutons bêlants d’EUROPALAND face à l’abrutissement médiatique des agents d’influence que sont devenus sans même en prendre conscience eux-mêmes la plupart de nos journalistes de télévision et nombre de nos élites politiques. À les entendre Vladimir Poutine serait devenu fou, il se préparait même à attaquer, au-delà de l’Ukraine, les anciens pays de l’Est : Roumanie, Pays Baltes, Pologne, etc., pour reconstituer l’URSS ou le glacis quand ce ne serait pas la vieille Russie des tsars ! Mais l’armée russe serait heureusement en difficulté face à la résistance ukrainienne, et l’Occident, à nouveau uni, aurait réussi l’exploit de décider en commun un ensemble de sanctions économiques capables de mettre le régime de Poutine à genoux. Et d’évoquer même ensuite de nouvelles Brigades Internationales de volontaires pour aller se battre aux côtés d’un chef d’État exceptionnel, révélé par les circonstances : Volodymyr Zelensky ! Ce discours est curieusement unanime, faisant démarrer le conflit ukrainien par l’agression russe du 24 février, folle et sans raison, dans un ciel jusque-là sans nuages… Hélas, seuls quelques happy few peuvent s’exprimer ouvertement dans les médias depuis le début 21e siècle où règne l’idéologie politcorrecte qui monte depuis un demi-siècle !  Dans nos démocraties malades personne ne parvient à faire entendre une voix plus raisonnable, tant la parole est à présent bâillonnée… au pays de Voltaire, c’est déroutant ! Étrange ambiance : les écologistes pacifistes sont même devenus des va-t-en-guerre convaincus, les islamogauchistes ont jeté bas leur culture woke pour prendre à l’inverse la défense (pour l’Ukraine) de la patrie, des frontières et de l’identité nationale, les modérés du centre et de la droite ont troqué leur pragmatisme habituel pour un droit-de-l’hommisme de façade. Plus de misère, ni de désespérance, un seul cap vous dis-je ! Adieu nuances : tout est blanc ou noir et cela change aussi vite que tourne le vent ! Seuls quelques lanceurs d’alerte, fortes têtes de droite ou de gauche font maintenant preuve de plus de lucidité critique et sont capables d’analyser l’existence d’un impérialisme américain, tout comme d’autres experts et chercheurs moins inféodés aux intérêts de l’OTAN, donc non médiatisés et tenus à distance… Reprenons point par point l’analyse froide de la géopolitique.

Zelensky est un comédien issu de milieux aisés qui s’est fait connaître grâce à une série humoristique Serviteur du peuple (produite par Studio Kvartal 95 et diffusée sur Netflix) où il incarne un professeur qui devient président de l’Ukraine. Le rêve devient réalité en avril 2019 grâce à l’oligarque Kolomoïsky qui favorise son ascension politique en le présentant comme Monsieur anticorruption. Certes le nouveau président ukrainien a du talent, du courage, et une aura extraordinaire, mais il possède aussi des affaires en Russie et ailleurs, des villas de luxe à l’étranger, il est lié à des sociétés offshore implantées à Chypre et impliqué dans des affaires de blanchiment d’argent (Privatbank), à l’image d’une classe politique ukrainienne aussi corrompue que celle de la Russie du temps de Eltsine. Parvenu au pouvoir sur une base ouvertement populiste et sans programme, il empêche qu’on s’intéresse de trop près aux affaires de Kolomoïsky (accusé de corruption aggravée par Anthony Blinken) et d’autres oligarques tel Rinat Akhmetov. Depuis le 21e siècle Les politiques ukrainiens ont toujours joué sur les deux tableaux : subventions et gaz russes d’un côté/soutien politico-financier US de l’autre. Au début Zelensky veut pacifier les relations avec Poutine mais très rapidement son action s’avère catastrophique au plan intérieur : avalanche de scandales et de bourdes en politique, pillage de l’appareil d’État et des ressources du pays par les bureaucrates, les oligarques et les grands groupes occidentaux. Dans une atmosphère de délabrement moral et de chaos sa cote de popularité chute de 75 à 25%. L’Ukraine est un pays pauvre (salaires inférieurs de moitié à ceux de la Roumanie) et la population qui n’a jamais rattrapé son niveau de vie de 1992 a émigré en masse depuis (perdant une dizaine de millions d’habitants). Le pays est fortement déçu ! Les critiques fusent, le président-comédien ne sait plus que faire. Malgré l’accord gazier avec la Russie, signé fin 2019, qui alimente l’Europe via le gazoduc Brotherhood dont il tire 2 milliards $ de taxes/an, il demande en juin 2020 un plan d’adhésion à l’OTAN, dont il espère le salut, ce qui revient à agiter un chiffon rouge aux yeux du Kremlin et conduit à une première crise : Poutine masse 100000 soldats pendant trois semaines à la frontière ukrainienne. Avec l’arrivée de Biden à la Maison Blanche (élu en 11/2020), Zelensky décide de se relancer avec sa « Plateforme de Crimée » en septembre 2020 (agitant l’idée d’une aventure extérieure pour mettre  fin à son « occupation par la Russie » puis il déclare en avril 2021 que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est la seule solution pour en finir avec la guerre du Donbass (que Kiev bombarde sans interruption depuis huit ans sans pouvoir bouger les lignes), mettant fin de manière irresponsable au dialogue Kiev/Moscou et enterrant les accords de Minsk 2 d’après lesquels il devait organiser l’autonomie du Donbass. Déjà Porochenko, l’oligarque pro putsch du Maïdan, qui avait succédé à Ianoukovitch (et que Zelensky fera accuser de haute trahison car c’est son principal opposant politique) s’était assis dessus, mais Zelensky, ambitieux, calculateur et brutal sous des apparences cool, attise le conflit avec les séparatistes au risque de provoquer le Kremlin en espérant se remettre en selle politiquement grâce à Biden tout en sachant que ce dernier l’utilise. C’est un « manipulacteur » de première force qui joue avec le feu : il ira même après le 24/02 jusqu’à invoquer le Mémorandum de Budapest de 94 (par ailleurs non contraignant et signé avec un gouvernement ukrainien légal) sur l’indépendance politique de l’Ukraine alors que lui-même œuvre avec les putschistes pro US du Maïdan pour faire de son pays une base militaire des États-Unis, à l’inverse de l’esprit dudit Mémorandum ! Mais que cherchaient les Américains en téléguidant le coup d’État de 2014 pour s’appuyer sur les nationalistes et radicaux qui en sont issus ?

Après l’implosion de l’URSS en 1991, les USA, qui n’ont jamais été une douce colombe, affirment leur volonté impérialiste conforme aux intérêts de leurs fabricants d’armes. Déjà le président Eisenhower disait en 1961 dans son discours d’adieu « nous ne devons jamais laisser le complexe militaro-industriel mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques« . Leur vision actuelle du monde s’exprime par la théorie de la « Fin de l’Histoire » du professeur Fukuyama (1992) ; ils veulent étendre leur hégémonie politique et dominer le monde. Vainqueurs de la guerre froide ils vont proposer à la Russie, sous l’égide du FMI, la thérapie de choc du brillantissime Jeffrey Sachs de l’université de Columbia (le passage au capitalisme en 500 jours de Egor Gaïdar (le « Chicago boy en culottes courtes » comme l’avaient surnommé les députés russes), qui va lui faire connaître la plus grave crise de son histoire : chute de moitié du PIB de 1989 à 1998 ! Au lieu de l’associer au monde libre, les États-Unis ont marginalisé la Russie. C’est là une énorme erreur comme le signale V. Fédorovski… Sous Eltsine la Russie s’enfonce dans un chaos économique et social sans précédent qui voit le retour du troc, l’apparition de la mafia et celle des oligarques lesquels se partagent le pouvoir et les richesses de l’ex URSS, détournant l’aide du FMI dans une Russie plongée dans le coma des années 90, que Bill Clinton va perpétuer en finançant la réélection de son ami l’ivrogne Boris Eltsine en 1996… À l’époque du Maïdan en 2014, c’est avec des gens comme Victoria Nuland (ex adjointe de Mrs Albright puis conseillère du vice-président, le faucon Dick Cheney, puis envoyée spéciale d’Hillary Clinton, enfin secrétaire d’État assistante pour l’Europe et l’Eurasie de G. W Bush), c’est avec l’argent du milliardaire George Soros, avec la volonté politique du sénateur McCain (qui déclare à Kiev le 14  décembre 2013 : « nous sommes ici pour soutenir votre juste cause, le droit souverain de l’Ukraine à choisir librement votre destin européen« ) ou du président Obama, tous violemment opposés à Poutine, que la rue ukrainienne travaillée par l’agit-prop américaine qui déploie toute sa force de séduction idéologique (les USA patrie de la Liberté, des Grands espaces et des Self-made men), agrémentée de largesses financières et de pressions politiques, va finir par basculer de justesse du côté pro-occidental. Les Américains réussissent ainsi leur putsch ukrainien de 2014 qui éjecte le président Ianoukovitch, légalement élu en 2010 (et favorable à une alliance économique tripartite Ukraine, Russie et UE), installant partout la haine et la violence pour écraser les nombreuses manifestations prorusses comme à Odessa où les milices de Pravy Sector et les hooligans mettent le feu à la Maison des Syndicats, faisant périr 42 prorusses dans l’incendie. Le plus fort dans cette affaire c’est que Washington considère que sa place à Kiev est tout à fait naturelle ! Pourtant c’est un peu comme si par exemple Xi Jinping avait décidé de soutenir les gilets jaunes ou plus directement les black blocs pour faire tomber Macron et le remplacer par un pouvoir acceptant de sortir de l’OTAN !… Ne reste plus qu’à prendre pied solidement en Ukraine pour la détacher de la sphère d’influence de la Russie : les milices ultra nationalistes seront utilisées pour massacrer en 2014/15 les défenseurs des républiques autonomistes de Kharkov, Odessa, Dniepropetrovsk qui résistaient. C’est ce à quoi Poutine qui a rétabli la Russie en une dizaine d’années et jouit par là d’un large soutien populaire va s’opposer : lui aussi cherche à promouvoir la sécurité de son pays et veut surtout une zone dénucléarisée à ses frontières, ce qui peut s’entendre…

Car Washington n’a pas dissous l’OTAN (organisation défensive) en 1991, après la disparition du pacte de Varsovie, mais va la transformer en machine de guerre agressive, tournant le dos aux accords OTAN/Russie de 1997. Reprenant en 2000 les rênes d’une Russie totalement délabrée Poutine est bien trop faible pour s’y opposer, il tend d’abord la main à l’Amérique après l’attentat de 2001 sur Manhattan pour une coopération anti-terroriste. Mais G.W Bush reprend vite en 2002 une attitude non amicale pour se libérer du vieux traité ABM de 72 (restriction du déploiement d’armes anti-missiles) et laisse entrer les anciens pays de l’EST dans l’OTAN en 2003/07, trahissant la parole donnée à Gorbatchev en 89/90 que cela n’arriverait pas. Devenus puissance hégémonique sans rivale (l’hyperpuissance dira Hubert Vedrine), les USA développeront sans retenue la Pax Americana en bombardant la Serbie (l’allié historique de la Russie) en 1999 avec l’aide de l’OTAN, en écrasant l’Irak en 2003 sans l’accord de l’ONU, en intervenant militairement en Afghanistan, Pakistan, Somalie, Yémen, Libye, Syrie, etc… Ils n’écoutent pas les avertissements répétés du nouvel homme fort du Kremlin, lors de la conférence sur la sécurité de 2007 à Munich, disant qu’il fallait savoir s’arrêter, mais installent leurs missiles en Pologne 2010, Roumanie 2013, réarment l’Ukraine post Maïdan 2014… Le peuple ukrainien lui, reste bien sûr dans la misère, le chaos et la corruption, ce n’est pas cela qui importe pour Washington, qui veut surtout affaiblir et encercler la Russie ! Les États-Unis subventionnent l’Ukraine pour la sauver de la faillite, lui fournissant un flux continu d’armes, de conseillers militaires, installant des bases militaires dénommées « missions », dictant à Zelensky sa politique et le dotant de 11 laboratoires d’armes bactériologiques capables de détruire la production agricole russe du Sud. Il faut rappeler que les Yankees ont toujours été en pointe dans l’utilisation des armes nouvelles de destruction massives : bombes atomiques au Japon ou défoliants au Viêtnam (les vieilles armes chimiques comme le gaz sarin, ont, elles, été utilisées par les belligérants de la guerre Iran/Irak (1980) ou en Syrie (2012/13/17, vraisemblablement côté Assad). Bref l’OTAN entre carrément en Ukraine, en catimini, pour la transformer en base avancée contre la Russie (une réalité autrement concrète que les pseudo armes de Saddam Hussein inventées par la CIA pour faire la guerre en Irak). L’Amérique est prête à laisser la Russie s’enliser dans un futur conflit en se battant au besoin « jusqu’au dernier ukrainien » !… De notre côté, restant inconscients de la colonisation US en l’Ukraine, nous pensons ce que disent nos médias : l’Amérique étant le camp du Bien, si elle rogne progressivement les marches de l’Empire russe, c’est pour protéger l’Occident bien sûr. CQFD ! C’est le point de vue américain et il correspond à notre sensibilité actuelle : les USA ont fait rêver l’Europe encore 20 ans après le débarquement de Normandie de 1944 avant d’être critiqués à l’époque de la guerre du Viêtnam par la contestation marxiste, puis avec le mondialisme ambiant et l’échec des pays du socialisme existant leur image s’est restaurée. G W. Bush avait déjà souhaité l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN dans son discours de Kiev en 2008 (alors que l’Allemagne de Merkel voulait au contraire ménager Moscou)… Au-delà des belles phrases qui en tant qu’idéologies structurent l’opinion et motivent les soldats, c’est par la guerre que les USA font avancer la cause sacrée des démocraties et des marchés…

En fait les États-Unis s’évertuent à faire basculer l’Ukraine dans l’OTAN depuis carrément 2004, avec la révolution orange qu’ils ont eux-mêmes orchestrée (comme en Géorgie 2003, puis Biélorussie 2005) ; c’est toujours la doctrine Brzeziński : « sans l’Ukraine la Russie n’est plus un Empire mais seulement un pays et seule l’hégémonie américaine peut sauver le monde« . Il ne s’agit pas de complotisme ou d’intérêts matériels machiavéliquement masqués mais tout simplement de la force des idéologies : l’Occident est évidemment convaincu du caractère universel des démocraties occidentales. Le maître d’EURASIA, lui, regrette l’Union Soviétique des camarades dont il est issu (qui ne le ferait pas n’aurait pas de cœur écrit-il, passant sur ses crimes, son Goulag et sa langue de bois), mais il sait bien que l’on ne peut la restaurer : celui qui pense y revenir n’a pas de tête, a-t-il dit-il aussi. Plus précisément il demeure critique face à l’internationalisme bolchevik préférant le nationalisme d’un Staline qu’il voit comme un continuateur de Pierre le Grand. Il observe ce qui lui apparaît forcément comme l’hypocrisie US et calcule le moment propice où il devra bouger contre « l’Empire du mensonge ». C’est un homme forgé par l’URSS, c’est même l’ancien chef du FSB, il n’est sensible qu’à la raison d’État et aux rapports de forces. Son idéologie à lui c’est toujours celle de la citadelle assiégée par l’impérialisme américain. Il veut obtenir de l’Amérique de Biden une garantie de neutralité de l’Ukraine vis à vis de l’OTAN alors que son interlocuteur n’en veut surtout pas, rejetant obstinément tous ses projets de traité sur la sécurité ! Pourtant Kennedy lui-même avait à l’époque de la guerre froide (alors que les Soviétiques et la CIA poussaient leurs pions dans le tiers monde en organisant coups d’État et renversements de régimes politiques) menacé Khrouchtchev en 1962 de la guerre nucléaire s’il ne retirait pas ses missiles de Cuba (un pays indépendant, tout comme l’Ukraine d’aujourd’hui). Le leader russe avait eu à l’époque l’intelligence de faire marche arrière (obtenant au passage le retrait des missiles US déployés en Turquie) mais Joe Biden, âgé voire gâteux, s’est arc-bouté au contraire sur le « droit des Ukrainiens à demander leur entrée dans l’OTAN » : il a privilégié le romantisme au réalisme, une faute politique qui pèse lourd dans sa responsabilité sur le risque de guerre à venir. Le blocage idéologique, diplomatique et politique est total, et ce d’autant plus que Macron (alors président de l’UE) s’est aligné sur les USA et a pris fait et cause pour Zelensky, dans lequel il voit comme tant d’autres le chef valeureux d’une nation, unie dans son innocence, « oubliant » les accords de Minsk II (dont Paris est moralement garant dans le format Normandie), une sacrée responsabilité là aussi ! Alors guerre ou paix ?

Le leader ukrainien a-t-il cru pouvoir forcer le soutien de Biden après avoir rompu avec Poutine, en initiant le 16 février 2022 sa folle campagne de bombardements intensifs pour une opération de nettoyage ethnique du Donbass, seul moyen à ses yeux d’en finir avec la guerre civile et de redorer son blason ? Alors que Washington, se basant sur les renseignements militaires US (excellents), dénonçait l’attaque imminente de la Russie au moment des jeux d’hiver de Pékin, Zelensky criait haut et fort que ce n’était qu’affabulation ! Folie ou stratagème ? Voulait-il avoir les mains libres chez lui dans le Donbass (les républiques de Lougansk et Donetsk n’étant toujours pas reconnues par Moscou) pour en finir avant que l’armée russe ne puisse réagir, ou alors pouvoir se présenter comme une victime innocente si Poutine attaquait d’abord ? Le leader américain, lui, marchait alors sur une ligne de crête sans aucune marge de manœuvre politique ; il devait donner l’impression de la fermeté avec le refus de tout recul de l’OTAN à l’Est (sur le déploiement de ses missiles à portée intermédiaire) face à la Chine notamment qui l’inquiète bien davantage, alors qu’il suivait une politique de désengagement, commencée avec Trump en 2106. Retrait du bourbier afghan et passage de relais à l’Europe pour sa sécurité : qu’elle se débrouille un peu toute seule, même si diplomatiquement l’on dira le contraire ! L’oncle Sam ne peut être partout et Biden réitère que les USA ne se battront pas pour un pays non membre de l’OTAN… Le chef du Kremlin qui n’avait pas encore pris sa décision d’envahir l’Ukraine (il n’avait d’ailleurs pas rapatrié les 350 milliards de $ réserves en devises que la Russie possède dans les banques étrangères) a sans doute pensé alors qu’il lui fallait agir avant de risquer perdre, avec l’imprévisible Zelensky, le Donbass, la neutralité de l’Ukraine, voire la Crimée, et voir les USA s’installer avec leurs ogives nucléaires à 800 km de Moscou ! Comme il l’avait appris gamin dans les rues de Leningrad, lorsque la bagarre est inévitable mieux vaut frapper le premier. Il reconnaît le 21 février les républiques séparatistes prorusses et vole à leur secours le 23, décidant de régler la question de la guerre civile larvée du Donbass fortement attisée par Zelensky depuis le 16… Et là se nouent des cécités réciproques : Poutine se voyait déjà partout accueilli en libérateur (et pas seulement à l’Est) refusant de croire à la naissance d’une nation ukrainienne, pendant que l’Occident, resté sourd sur la légitimité de ses demandes concernant la sécurité dans la région, n’avait pas compris qu’il irait jusqu’au bout face à la dangereuse agitation de Zelensky. Quel monstrueux gâchis ! Une politique équilibrée à la De Gaulle nous aurait permis d’éviter cette guerre fratricide en résistant à la stupide volonté US d’installer ses missiles aux frontières de la Russie, et de maintenir le rôle international dévolu à la France dans l’équilibre européen tout en sortant des difficultés économiques par des projets industriels et des échanges commerciaux renforcés avec le monde russe.

Hélas depuis que le président Sarkozy, autre brillant feu follet qui aurait arrêté les troupes de Poutine en Ossétie du Sud/Abkhazie en 2008 et mis de l’ordre dans la Libye de Mouammar Khadafi en 2011 avec le président Obama et le RU (mettant en réalité le feu au Moyen-Orient de manière totalement irresponsable et pour longtemps), a pris le contrepied de la politique gaulliste, nous sommes devenus vassaux des USA, benêts de l’utopie fédéraliste et avons fini de perdre nos filières industrielles ! Alors, guerre d’agression de Poutine contre l’Ukraine ou légitime défense contre les États-Unis ? Tel aurait dû être le débat organisé par des médias neutres et indépendants mais ils ont préféré une autre chanson… Vieux problème : pour rester dans la morale en honorant le traité d’alliance signé avec la France, la Sainte Russie, mal préparée, est entrée en guerre contre le kaiser en 1914. Le tsar Nicolas II sauva la France mais creusa la tombe de l’empire russe. Poutine le soviétique fait le choix inverse : contrairement à la morale il attaque le premier et envahit l’Ukraine, pariant sur le fait que la Russie malgré les dégâts géopolitiques à venir en sortira gagnante à moyen terme… Question insoluble entre morale et raison d’État ! D’autant plus que Poutine a la bénédiction du patriarche Kirill de Smolensk (représentant actuel de « l’Église soviétique » créée en 1927 pour servir l’État bolchevik anti-dieu), lequel lui renvoie en miroir l’idéologie qu’il affectionne de l’espace trine du monde russe forgée au 17e siècle. C’est cela le drame de Vladimir Poutine : il se veut le continuateur de la Russie éternelle mais s’appuie sur un « patriarcat de Moscou » créé par Staline en 1943 et sur le FSB (qui succède au KGB), les deux structures rescapées de l’URSS à partir desquelles il a bâti son pouvoir légitimé par l’idéologie national-orthodoxe. D’une poigne de fer il a maté les oligarques mais il n’est pas tel Dimitri Donskoï, béni par saint Serge de Radonège pour son combat contre la Horde d’Or en 1380. Son agression en Ukraine restera une tache indélébile sur la Russie (tout comme l’entêtement de Biden pour les États-Unis), mais sans doute aussi une faute politique intérieure car les conséquences sont désastreuses pour la population : difficultés économiques, mise au pas de toute opposition résiduelle, fuite à l’étranger… Comme toujours dans les pays autoritaires on peut s’interroger sur la qualité des informations dont jouit le dirigeant pour prendre des décisions qui se révèlent à la fois rationnelles mais bâties sur d’étranges illusions. Mais chez nous est-on vraiment lucide ?

Après des semaines d’une guerre omniprésente à l’écran et le poids émotionnel d’images insoutenables, nos commentateurs vedettes et psychiatres médiatiques, montrant à tous la hauteur de vues de leurs fines analyses, finirent par gloser sur la présupposée folie de Vladimir Poutine, qui aurait d’ailleurs atteint l’inverse des buts recherchés ! C’est le plus étonnant : cette incapacité de personnes pourtant qualifiées (experts reconnus, chercheurs spécialisés et anciens généraux invités sur les plateaux TV) à dépasser une approche simpliste biaisée par un prisme politcorrect délirant… Ils parleront ainsi, juste après le Brexit, d’un « resserrement de l’unité européenne » et du « retour de l’OTAN » sur la base du rapprochement RU/USA pour la livraison d’armes à l’Ukraine (missiles Stinger, Javelin, roquettes antichars) aux côtés des pays de l’UE, qui livrent quelques équipements secondaires et du matériel déclassé. Quel rapprochement alors que les pays de l’UE-Est sont toujours fortement opposés aux avancées de la culture woke qui s’installe dans les pays fondateurs de l’Europe et à Bruxelles ? Victor Orban, le dirigeant hongrois réélu en 2022, a clairement listé ses adversaires : « les bureaucrates de Bruxelles, les médias internationaux et le président Zelensky » ! Quel rapprochement alors que les États-Unis font tout pour diviser l’UE et couper ses liens naturels avec le monde russe ? Obligeant les Français à abandonner la vente des Mistral à la Russie en 2015 et leur soufflant le contrat des sous-marins australiens en 2021, ordonnant aux Allemands de renoncer à North Stream 2 et d’acheter leurs F35 en 2022 (vendus aussi aux Belges, Danois, Néerlandais, Norvégiens, Italiens, Polonais et maintenant même Finlandais) et non des Rafale français, s’efforçant de masquer qu’ils ne soignent que leurs intérêts commerciaux propres (actuellement la Pologne achète aux USA 250 chars de combat Abrams et six centrales nucléaires supplémentaires…) ! Ils ne voient dans l’Europe n’une zone tampon. Indépendants au plan énergétique, désireux de vendre leur gaz de schiste liquéfié, et peu liés commercialement à la Russie, ils sont poussés politiquement par leur nouvelle idéologie impériale ainsi que par le gauchisme radical de l’Amérique de Kamala Harris et exigent des sanctions sans précédent contre « l’Empire du Mal », dont la culture millénaire devient soudain détestable… Mais est-il rationnel de songer à déboulonner les statues de Dostoïevski, de déprogrammer des opéras et autres œuvres incomparables du génie russe, de décréter l’autodafé contre les œuvres de l’académicien Makine ? Pauvre Europe ! Elle est devenue malade de la fameuse « cancel culture », venue des USA pour déconstruire l’humain et singulièrement la culture française (qui d’ailleurs n’existerait même pas d’après le président Macron) et qui déteste littéralement la Russie ! Oh ce ne sont pas tant les peuples qui souhaitent ardemment le New Age et ses valeurs antipatriotes, communautaristes et LGBT, portant la haine antirusse partout en Europe, non ce sont les courants néomarxistes woke, avant-garde de la Nouvelle Révolution Culturelle, et les minorités actives multiculturalistes qui veulent extirper jusqu’aux racines les restes de l’Occident chrétien, pour instaurer le New Age.

Passons à la question des nazis ukrainiens qui fait hurler de rire nos journalistes chevronnés si peu au fait de l’Histoire. Le procès de Nuremberg a été stoppé en octobre 1946 lorsque les Américains se sont aperçus que c’était quasiment toute l’Allemagne qu’il aurait fallu emprisonner ! De la même manière les tendances autoritaires voire pronazies ont toujours été fortes non seulement chez les forces de l’Axe alliées à Hitler mais dans les Balkans, en Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Ukraine, Pologne, etc… Le « Nouvel État ukrainien », proclamant son indépendance en 1941, s’inscrit pleinement dans l’Ordre Européen d’Hitler (avant que les Ukrainiens nationalistes ne combattent à la fois Allemands et Soviétiques). Aujourd’hui encore Bandera, fondateur de la Légion ukrainienne de l’Allemagne nazie, est vu comme un héros en Ukraine de l’Ouest, qui honore chaque année sa mémoire. Les très nombreuses milices néonazies, utilisées lors du Maïdan, sont extrêmement présentes dans les cercles du pouvoir et les milieux militaires. Certes les néonazis et apparentés sont partout, à commencer par les suprémacistes blancs aux États-Unis ou les ultranationalistes russes, mais les nazis ukrainiens ne relèvent pas de l’anecdote, ils sont utilisés/manipulés par les oligarques (Kolomoïsky), pour réprimer les tendances prorusses en Ukraine de l’Est et attaquer le Donbass : qui d’autre le ferait ? Le journaliste mainstream ne peut imaginer la coopération entre leaders juifs et milices racistes antisémites et ultranationalistes d’Ukraine. Or ces derniers, qui attribuent à juste raison le Holodomor (sujet tabou en Russie) aux crimes des bolcheviks et notamment au Juif Kaganovitch, bras droit de Staline à l’époque, nourrissent vis à vis de l’URSS et de Poutine les mêmes sentiments que les nazis allemands vis-à-vis des slaves. Et ils sont tout simplement indispensables pour le régime de Kiev… En effet face aux suicides, à la fuite à l’étranger et aux désertions en masse (parfois par régiments entiers) des jeunes Ukrainiens refusant d’aller combattre dans le Donbass en 2014, le gouvernement ukrainien a dû fortement recourir à ces milices paramilitaires d’extrême-droite et même à des mercenaires étrangers armés, financés, formés (cf. ordre militaire des officiers Centuria) par les USA et aussi le RU, Canada et France selon Jerusalem Post, qui comptent à présent 100000 hommes, soit 40% de l‘armée ukrainienne selon Reuters (on est loin des 4000 excités du bataillon Azov) ! De la même façon les Américains ont utilisé les nazis croates contre les Serbes en Krajina en 1995 pour la vider de sa population serbe (cela s’appelle depuis « la solution croate » et c’est ce que le Géorgien Saakashvili, la marionnette des USA, voulait faire en Ossétie en 2008).

Prenant tout le monde de court Poutine va franchir le Rubicon, donnant l’ordre à ses armées de pénétrer en Ukraine après huit ans d’un conflit qui ressemble davantage à une guerre de sécession hier encore parfaitement impensable pour les Russes, Biélorusses et Ukrainiens, et imposée du dehors par l’impérialisme US. Cela mérite un petit retour en arrière… C’est grâce à Catherine la Grande que la Biélorussie et l’Ukraine de l’Ouest passent de la domination polono-lituanienne à la Russie (l’Ukraine de l’Est, elle, est déjà devenue protectorat russe par le traité d’Andrussovo de 1667 signé avec la Pologne sous les premiers Romanov), et c’est encore Catherine II qui soumit et repoussa les Ottomans et leurs alliés tatars du khanat de Crimée intégrant toute l’Ukraine du Sud (de la mer d’Azov à la mer Noire) dans l’Empire russe sous l’appellation Novorossia (traité de 1764), Crimée y compris (traité de Gueorguievsk 1783) ; elle fonde Odessa et Sébastopol. Ce sont les bolcheviks qui feront de l’Ukraine une des républiques de l’Union soviétique en 1922 et ce n’est qu’à la fin de l’URSS que l’Ukraine devient indépendante en 1992, mais pour entrer alors comme membre fondateur et aux côtés de la Russie et de la Biélorussie dans la CEI (Communauté des États Indépendants qui succède à l’URSS), cela jusqu’à l’Euromaïdan US de 2014, qui, lui, débouche sur la guerre civile !! Biden aura beau parler d’une invasion injustifiée, le fait est que les Américains sont trempés jusqu’au cou dans cette embrouille… Alors le 24/02/22, déjouant les plans américano-ukrainiens et laissant croire à un assaut sur Kiev (l’État-major russe planifie toujours à l’avance tous les scénarios possibles), Poutine encercle par le nord et par le sud l’armée ukrainienne, massée à l’Est pour l’attaque à venir, sans user ses forces contre la frontière du Donbass, littéralement bunkerisée et qui aurait été alimentée sans fin en armes par l’étranger s’il avait attendu que les armées de Zelensky envahissent les républiques séparatistes du Donbass. Bien sûr l’armée russe veut progresser avec le moins de destructions possible pour la population frère (dans ce que Poutine s’imaginait devoir être une « opération spéciale »), ce qui la ralentit face à des chefs nazis fanatiques du bataillon Azov qui s’abritent cyniquement (notamment à Marioupol, transformée en Stalingrad) derrière les civils, dans des hôpitaux, écoles, bâtiments administratifs, appartements privés, les empêchant même de fuir par les corridors humanitaires en leur tirant dessus. La Russie n’a pas voulu raser les villes ukrainiennes avec son artillerie, comme elle le fit en Tchétchénie à Grosny en 2000, comme l’OTAN le fit en Serbie en 1999, utilisant la méthode US du tapis de bombes ! Alors certes, les Ukrainiens ne sont pas des nazis mais l’État ukrainien, lui, utilise des bataillons ultranationalistes antirusses et antisémites aux méthodes dignes de leurs héros de la division « Das Reich » qui participa à la bataille de Koursk. La « dénazification » de Poutine parle fort aux Russes, lesquels ont payé de 27 millions de morts la victoire sur Hitler. Cependant lui-même a certainement sous-estimé les difficultés de son entreprise, l’impréparation de bien de ses jeunes soldats, l’importance des armements ukrainiens et des forces étrangères, la ténacité de la population et son jeune et fier nationalisme et surtout la folie suicidaire de Zelensky, prêt à entraîner tout son pays au désastre. Poutine a peut-être commis une erreur d’analyse car les temps des tsars de toutes les Russies sont passés, irrémédiablement ; que voulait-il au juste en agressant l’Ukraine ?

Parlons donc de la guerre elle-même ! L’Europe (Macron et Ursula von der Leyen) et les USA, qui disent représenter la démocratie vertueuse, ne comprennent pas que l’Ukraine est une plaque tectonique entre les mondes européen et slave, lieu d’un affrontement de civilisations. Poutine, qui le voit, a par contre les états d’âme d’un Ivan le Terrible, c’est-à-dire des hommes qui font l’Histoire. Il sait qu’il ne peut plus attendre face à l’invasion rampante américaine qui agite sa marionnette Zelensky. Le président-pyromane ukrainien lui, disait ne pas croire à une offensive russe mais demandait toujours plus d’armes et une intégration rapide à l’OTAN au vieux Biden, lequel criait à l’invasion imminente… Bref, après avoir exaspéré l’ours russe pendant 15 années en s’approchant trop près de sa tanière, les États-Unis l’ont réveillé, il est brusquement passé à l’attaque le 24/02/2022. Ses buts sont clairs : non pas occupation mais démilitarisation, dénazification et neutralisation de l’Ukraine. À l’issue d’une offensive éclair qui détruit la capacité d’action de l’armée ukrainienne en moins d’une semaine il prend en tenailles les forces ukrainiennes pour les broyer progressivement dans le chaudron du Donbass. C’est ce que notre propagande TV appelle dans sa novlangue les revers de l’armée russe… Zelensky s’aperçoit enfin que l’Occident l’a lâché. Effectivement, murée dans ses bunkers l’armée ukrainienne est contrainte à subir sans pouvoir bouger. Devant l’écrasement de l’Ukraine il appelle à l’aide pour que nous défendions son pays qu’il n’a pas su protéger, et cela fût-ce en risquant une 3e Guerre mondiale ! Les Parlements d’Europe, le Congrès US lui déroulent le tapis rouge pour des interventions sur grand écran. On l’applaudit bien qu’il se permette de vouloir interdire à une série d’entreprises européennes de faire du business en Russie, alors que lui-même profite toujours du gaz russe ! Hélas peuples et députés sont aisément manipulables. L’hystérisation de l’opinion occidentale est telle que l’on nous fait croire n’importe quoi. Le faux massacre des défenseurs ukrainiens de l’île aux Serpents entraîne ainsi une vraie minute de silence au Sénat français en présence de l’ambassadeur d’Ukraine ! Et puis les Russes auraient frappé un hôpital (où s’était camouflée en réalité l’artillerie Azov qui en avait fait déguerpir les malades à coups de révolver), ensuite visé la centrale de Tchernobyl initiant la « terreur nucléaire » (en fait un bâtiment administratif), détruit le mémorial juif de Babi Yar (en fait la tour de la télévision), etc. Le 4 avril c’est l’horrible découverte des massacres de Boutcha. Vraisemblablement un fake dans la grande tradition de Timisoara, de Katyn, de la fiole d’anthrax de Colin Powell et des couveuses du Koweit : des civils qui ont été en contact avec des Russes (ou dénoncés), fusillés par des milices néonazies de Kiev les 1 et 2/04 après le départ des forces russes le 30/03 (ce jour-là les vidéos montrent des rues vides, mais le 4/04 après le « nettoyage » par les forces spéciales du groupe « Safari », elles sont jonchées de cadavres, frais, à l’évidence). L’objectif : mettre la Russie au banc des nations en lui mettant sur le dos les crimes de guerre des néonazis ukrainiens contre les civils.

Et ça marche ! Ces contrevérités diffamatoires relayées dans les médias par des journalistes d’une naïveté déconcertante transforment les principales chaînes d’info en autant de relais de l’intoxication politcorrecte. Seuls quelques journalistes qui ont de l’étoffe et de la bouteille se permettent de froncer les sourcils et de dire que tout n’est pas si simple. (L’auto)censure est partout à la TV comme sur YouTube, la chaîne Russia Today est interdite de diffusion dans l’UE et aux USA : bref les démocraties occidentales ont peur du débat et de la critique. Ça barde davantage sur les radios c’est vrai, mais il faut aller chercher Afrique Media pour entendre dire, avec un accent de sincérité perdu chez nous, que Poutine fait paniquer l’Occident… Ainsi à l’ère des débats droite/gauche de la fin du 20ème siècle a succédé celle du délire collectif, où la pensée n’est plus sollicitée.  Nous croyons aux images et Zelensky le sait ; ayant perdu la guerre, il lui faut ne pas perdre la paix. C’est là le monde orwellien dans lequel nous sommes entrés et qui permet la manipulation de masse : la maîtrise idéologique sur les médias, l’école, la justice, les joutes électorales, permet de transformer l’accumulation des fake news en système totalitaire de contrôle de la pensée. Nos sociétés occidentales en sont arrivées à un degré d’absolue désinformation que l’on croyait impossible dans les démocraties. Hélas, les Ukrainiens crédules du Maïdan étaient eux-aussi une proie facile pour les intérêts politico-économiques occidentaux qui leur promettaient un avenir radieux, en leur mentant de manière éhontée et dégoûtante. Ils y ont cru, comme nous-mêmes continuons à avaler les bobards de nos médias… Heureusement la générosité de l’accueil fait par les peuples européens aux réfugiés adoucit le cynisme imbécile de bien de leurs dirigeants. Les perdants de la politique étrangère américaine c’est toujours nos populations frappées depuis 2012 par un terrorisme revanchard, par les vagues de migrants fuyant la désolation des zones de combat du Sahel et du Moyen-Orient, depuis 2014 c’est l’agriculture française et les entreprises européennes victimes des sanctions. Aujourd’hui en 2022 les nouvelles sanctions dont l’Occident est si fier pèsent déjà sur notre économie (hausse de l’énergie, des produits alimentaires, perte de marchés) alors que les États-Unis s’en sont exonérés en douce sur l’uranium enrichi, les engrais, le pétrole importés de Russie, laquelle vend son gaz d’autant plus cher et en roubles maintenant ! Elles risquent à terme de coûter à l’UE son statut de puissance, au profit de l’émergence d’un bloc eurasiatique autour de la Chine, ce qui pourrait bien d’ailleurs mettre fin à la suprématie américaine, à commencer par celle du dollar. Il n’est pas certain que l’Europe survive à sa lecture de la crise ukrainienne. La bêtise au pouvoir est une faute impardonnable…

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